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Vous pouvez lire ici les témoignages de 3 familles adoptantes à la New Life Link., donnés en Avril 2010 après le séisme.
- Le petit Théo est arrivé avant le séisme. - Ludivine est arrivée avant le séisme et son frère Thomas est venu la rejoindre après le tremblement de terre. - Johny colas, il attendait encore en Haïti de pouvoir rejoindre ses parents et les a rejoint en septembre 2010.
Cliquez sur leur noms pour connaître leur histoire :
Notre histoire d’adoption débute officiellement en août 2005. En effet, à cette date, notre projet est à maturité. Nous commençons donc les démarches auprès du Conseil général du Nord. Après de multiples rendez-vous avec une assistante sociale, une éducatrice spécialisée, un psychiatre, un médecin agréé par le conseil général et quelques réunions sur Lille, l’agrément en vue d’adoption nous est délivré en juin 2006, soit après 10 mois de procédure.
Dès le départ, notre projet d’adoption était orienté vers l’international et plus précisément vers deux pays : le Brésil et Haïti. Dans un premier temps, notre choix va s’opérer vers le Brésil. En effet, en 2006, l’Agence Française de l’Adoption (AFA) est mise en place. Nous la contactons. Dans la présentation de cette nouvelle structure, on nous laisse entendre que de nouveaux états brésiliens vont s’ouvrir à l’adoption internationale. De fait, les délais d’adoption vont se réduire. De même, on précise que ce pays est signataire de la convention de La Haye, gage de confiance. Nous faisons confiance à cet organisme et pendant 1 année, nous préparons notre dossier administratif, traduit par une interprète agréée auprès des tribunaux brésiliens. En mai 2007, le dossier est prêt, envoyé à l’AFA, part au Brésil avec les représentants de l’AFA et revient en France. Le Brésil ne reconnaît plus ce nouvel organisme comme une OAA (organisme agrée pour l’adoption). En effet, aucune demande officielle française dans ce sens n’a été formulée aux autorités brésiliennes. La vraie raison est tout autre. Contrairement à la France, d’autres pays européens ont mis en place les mêmes structures mais accompagnées d’opérations humanitaires à destination des pays partenaires.
Passé le moment de colère envers l’AFA, structure au cœur de fer au niveau relationnel, il faut réagir très rapidement pour ne pas s’effondrer. Naturellement, nous nous orientons vers Haïti. Notre agrément en vue d’adoption est valable 5 ans et nous avons déjà perdu 1 année. Mais, une question se pose : vers quelle crèche se tourner ? En effet, contrairement au Brésil où on vous propose une attribution en fin de parcours, c’est aux parents adoptants de contacter les crèches agréés par l’état haïtien. Ces dernières acceptent ou pas votre dossier selon leurs propres critères. Au début de notre démarche, nous avions rencontré un couple venant d’obtenir l’attribution d’une petite fille haïtienne auprès de la crèche New Life Link. Grâce aux courriers électroniques, nous étions restés en contact et le sérieux de leur histoire nous avait séduit. Nous consultons les forums sur internet et retenons quelques crèches dont la NLL. Comme nous connaissons un couple ayant une expérience positive avec la NLL, nous nous lançons. Nous entrons en contact avec le Docteur Bernard, directeur de la NLL. Nous lui exposons notre projet d’adoption, répondant à multiples interrogations. Le docteur Bernard accepte notre dossier et demande de le constituer afin de lui envoyer. De septembre 2007 à novembre 2007, nous constituons ce dossier devant être légalisé par le Ministre des Affaires Etrangères et le Consulat Général d’Haïti en France. Fin novembre 2007, le dossier est prêt et s’envole vers Haïti. Après réception, le Docteur Bernard le contrôle et nous indique qu’il est complet. Il nous recontactera lorsqu’un enfant répondant à nos critères d’âge lui sera confié en vue d’une adoption internationale. Fin janvier 2007, nous recevons un courriel de sa part. Il nous propose l’attribution d’un petit garçon, Philippe, né le 26/07/2007 à Port-au-Prince. Nous acceptons et à ce moment, ce petit bout devient notre enfant dans notre cœur. Dès lors, l’apparentement est effectif et le Docteur Bernard engage les démarches d’adoption envers les diverses administrations haïtiennes. Au préalable, la mère biologique de Philippe a donné son consentement d’adoption en décembre 2007 auprès du Tribunal de Paix de Port-au-Prince. Le dossier est déposé à l’IBESR (Institut du Bien-Etre Social et Recherches) soit l’équivalent des services « Enfance et Famille » des conseils généraux français. Son rôle est d’étudier votre dossier, soit le rapport établi par le conseil général de votre département, ainsi que de vérifier l’histoire de Philippe.
Courant avril 2008, l’analyse effectuée est validée et après de multiples signatures, le dossier quitte cette administration. Il s’ensuit de multiples légalisations dans différents service et en juillet 2008, notre dossier rentre au Parquet pour le jugement d’adoption haïtien. Le jugement d’adoption sera prononcé en octobre 2008 et notre dossier quitta le Parquet à la fin de ce mois. Suite à ce jugement, nous devenons officiellement les parents de Philippe. Puis le jugement d’adoption doit être enregistré auprès de différentes administrations et notamment auprès de l’état civil haïtien. Entre temps, nous décidons de partir en famille (nous deux et notre premier enfant biologique) à Haïti fin décembre afin de rencontrer notre petit garçon. Il s’ensuit beaucoup d’émotions : la rencontre avec Philipe, la découverte d’un peuple chaleureux et généreux, sa misère économique, un état sanitaire déplorable et un pays sous haute sécurité. A notre retour, le dossier rentre dans sa dernière étape, l’établissement du passeport haïtien. Et à ce moment précis, l’état haïtien décide de modifier la procédure de délivrance des passeports des enfants adoptés. Un nouveau document relatif à l’état-civil est demandé. Le temps que cette nouvelle procédure se mette en place, quatre mois s’écoulent. Courant mars, mon épouse décide de repartir pour Haïti afin de créer des liens de nouveau avec Philippe. Début avril 2009, le passeport de Philippe est enfin établi. Mais il reste une dernière étape : le dépôt du dossier à l’ambassade de France pour l’obtention du visa adoption. Le 21 avril 2009, l’ambassade de France donne son accord pour la délivrance du visa. Début mai, nous partons à 3 et le 8 mai, nous revenons à 4, remplis de joie, d’émotion,…..
Epilogue de notre histoire : Notre procédure entre l’envoi du dossier en Haïti et notre retour en France aura duré 18 mois. Sur la période 2008/2009, notre procédure était parmi les plus courtes. Notre récit expose les nombreux garde-fous mis en place par les autorités haïtiennes afin d’éviter de quelconques dérives. Afin de clore notre histoire, le TGI de Douai a prononcé le 12/05/2010 l’adoption plénière de Théo Philippe.
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Ludivine, arrivée avant le séisme et Thomas, arrivé après le séisme Maman comblée d'une petite puce haïtienne, c'est avec beaucoup d'espoir et d'envie de partager ce bonheur avec un petit frère ou une petite sœur pour ma puce, qu'en 2008 je me suis lancée pour la seconde fois dans cette belle et difficile aventure qu'est l'adoption. Motivée à 500 %, forte de ma première expérience et de ce véritable coup de cœur que j'ai pour Haïti et les Haïtiens, si attachants, chaleureux, malgré la dureté de leur existence, j'ai vécu avec bonheur une bonne partie de cette nouvelle procédure. Grands moments que l'envoi de mon courrier au Conseil Général, que la réception du dossier, que de revoir une partie des personnes qui me permettent de vivre ce grand bonheur au quotidien avec ma puce. Grand moment que d'annoncer au Dr Bernard mon nouveau projet en cours. Et quelle surprise lorsque plus tard, il m'annonce que le petit frère biologique de ma puce se trouve à la crèche et qu'il me propose de l'adopter. Oh que oui, j'accepte de l'adopter. Il ressemble tant à ma puce que j'ai l'impression qu'il est déjà avec nous. Mais chut, il faut protéger ma puce de cette procédure bien trop longue pour elle et lui laisser vivre sa vie de petite fille pendant que je rêve de les voir réunis. Contrairement à ma première procédure, j'ai le bonheur d'obtenir mon agrément assez rapidement en seulement 7 mois. Et pour prendre un peu d'avance sur la suite de la procédure, mon dossier pour Haïti était prêt et n'attendait que l'agrément pour pouvoir être légalisé, sur-légalisé sur Paris avant de s'envoler vers Haïti, vers Thomas. Comme pour ma puce, je veille chaque jour mes mails dans l'espoir d'avoir des nouvelles d'Haïti, de Thomas, de mon dossier...... Dossier qui avance bien, au rythme des administrations haïtiennes. Puis, subitement, tout semble se bloquer. Il est demandé aux familles de se rendre en Haïti pour signer au Tribunal et confirmer notre souhait d'adopter les petits qui nous ont été attribués. Ah là là..... comme il est difficile de faire ce voyage intermédiaire, de rencontrer mon petit Thomas et de repartir sans lui en lui laissant l'impression de l'abandonner à mon tour. Mais avec le recul, comme se plaisent à me dire certains amis haïtiens, il était écrit que je fasse ce voyage intermédiaire et je veux bien les croire. Et quel voyage !!! Inoubliable, riche en émotions.... De retour en France, mon dossier continue son chemin à un rythme qui me laisse espérer un nouveau voyage dans moins de 6 mois. Je continue de voir grandir Thomas par photos interposées et commence à préparer son arrivée. Le Père Noël ayant décidé de passer à la fois pour Thomas et ma puce, elle découvre avec bonheur son petit frère en photo. Puis, catastrophe... au matin du 13 janvier 2010, j'apprends cette terrible nouvelle, ce terrible séisme.....Le temps s'arrête.................................. Je ne vis plus qu'au rythme d'Haïti et des quelques nouvelles qui nous parviennent ....................
Une journée d'angoisse avant
d'apprendre que les enfants vont bien mais qu'ils sont dans la
rue, que la crèche n'est plus habitable, que la maman française
sur place va bien, que le Dr Bernard est blessé mais met tout en
oeuvre pour prendre des nouvelles de nos petits. A l'aube, après une énième nuit sans sommeil, je me rends à l'aéroport, à la fois heureuse que Thomas arrive et inquiète de voir comment il va. Je découvre alors un incroyable dispositif où parents dans l'attente et enfants en arrivance sont pris en charge par le SAMU, la Croix Rouge.... De même, un dispositif administratif a été prévu (juriste, CAF, CPAM). Belle surprise et grand soutien. J'apprends en arrivant que l'avion a déjà atterri. Ah...Thomas n'est plus très loin. Encore quelques heures d'attente et je vais pouvoir le serrer dans mes bras et le chouchouter. Pendant nos prises en charge respectives, l'on me fait part de ce qu'il fait, de comment il va.... Puis enfin, l'on m'appelle avec ma puce pour passer aux étapes administratives et pour rencontrer Thomas. Enorme moment d'émotion. Il arrive dans les bras d'une personne de la Croix rouge et je retrouve mon petit Thomas très fatigué mais conscient que c'est sa maman, rencontrée quelques mois auparavant qui se trouve devant lui. Depuis, tout n'est que bonheur. Thomas s'est adapté de suite, a très vite pris ses marques et s'entend à merveille avec sa grande soeur. 5 mois après ce terrible séisme, 8 familles, toujours dans l'attente, sont encore dans l'angoisse. Je pense bien fort à elles, espère qu'elles puissent très vite serrer leurs petits dans les bras et vivre ce grand bonheur que nous vivons tous les trois depuis 4 mois. La distance, le drame, l'impuissance...sont très difficiles à vivre.
-------------------------------------------------- Johny Colas, qui était encore là-bas...
Nous sommes Amélie et Pascal Valentini et notre projet d'adoption a commencé à l'été 2008 où nous avons fait notre demande d'agrément en vue d'adoption.
Après de nombreux rendez-vous avec l'assistante sociale et la psychologue et de longs mois au combien nécessaires pour l'approfondissement de celui-ci, nous avons obtenu notre agrément le 12 mai 2009.
Cela a fait un an et cette date est un réjouissement, celle du "passeport" pour pouvoir espérer voir notre projet aboutir, construire une famille et offrir à un enfant la possibilité d'avoir un avenir meilleur.
Nous n'avions pas de choix précis de pays, notre seul souhait était d'être parents tout simplement.Au moment où nous attendions notre agrément et où nous préparions nos demandes pour différents organismes et pays, Haïti s'est révélé comme par miracle. Grâce à d'autres parents adoptants nous avons été en contact avec la crèche de la New Life Link à Port au Prince en Haïti et à réception de notre agrément positif, nous avons envoyé une demande au directeur de la crèche qui nous a répondu positivement. Des lors la joie nous a envahie car même si le chemin serait long, il y en avait un!
La troisième étape fut la réalisation du gros dossier. Deux mois sans relâche pour avoir tous les documents, les faire légaliser par le ministère des affaires étrangères et européenne à Paris puis ensuite sur-légaliser par le consulat d'Haïti à Paris. Fin juillet notre dossier s'est envolé vers Haïti, le pays de notre futur enfant, notre pays de cœur, notre pays d'adoption! A partir de là et en attendant de recevoir l'attribution d'un enfant qui deviendrait notre enfant, nous avons plongé la tête la première dans l'histoire et la culture de ce pays.
En septembre la nouvelle magique est arrivée, nous serions les parents de Johny colas un petit bébé de 3 mois et 12 jours! Un des plus beaux jours de notre vie. Notre projet n'était plus simplement un projet, il devenait réalité et c'était un magnifique petit garçon. Nous attendions avec exaltation et impatience chaque mois les nouvelles de notre enfant et l'avancé de notre dossier dans la procédure. Nous étions très rassurés par cette crèche, les soins et l'attention prodigués aux enfants. Nous avions décidé d'aller le rencontrer, de rencontrer son univers en mars soit 6 mois après son attribution. Des lors, nous avons avancé avec joie et sérénité dans la procédure jusqu'au terrible séisme qui a touché Haïti le 12 janvier 2010.
Le 12 janvier tout a basculé.
Le séisme nous a foudroyés et nous avons attendu des heures avant de savoir que notre enfant était vivant. Les plus longues heures de notre vie de parents. Chaque jour nous avons espéré que ça allait pour lui et tous les autres enfants dans ce chaos. Nos pensées étaient près d'eux et avec les personnes qui les entouraient.
La crèche a été fortement endommagée et le directeur a réussi amener les enfants chez lui à l’abri. Nous avions peu de nouvelles et il a fallu de nombreuses semaines pour que le contact se remette un peu en place. Puis nous sommes rentrés dans un combat humain pour que tous les enfants en cours de procédures d'adoption avant le séisme puissent regagner la France et leurs parents adoptifs. Qu'ils puissent être en sécurité et bénéficier des soins et de l'amour de leur famille.
Le gouvernement Français n'a pas voulu évacuer les enfants qui n'avaient pas encore bénéficié du jugement d'adoption alors que les autres pays comme le Canada où les USA ont eux fait ce choix, question de survie! Les enfants dont la procédure d'adoption était presque finie ont été évacués entre fin janvier et fin mai.
Plus de quatre mois après le séisme, 479 enfants, dont notre petit garçon, sont toujours en Haïti.
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