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poeme de benoit Bagnat

                                                                    

                                                                   

 

poème dédié à Haïti

 

Le tremblement de terre

Le tremblement de la vaisselle

l’immense faille où je disparais

l’écroulement avec l’énorme bruit

qui s’étouffe en quelques secondes

le noir absolu et le silence

enterré vivant

je suis le chien de la niche obscure

Des heures de conscience absolue

compter inlassablement les membres de sa famille

compter encore et toujours ses amis et ses voisins

Sont-ils en vie ?

Enterré avant de mourir

 

dire au silence des mots incompréhensibles

crier crier crier comme un seul cri

avoir soif avoir faim

et s’endormir sans s’en rendre compte

se réveiller d’un cauchemar

et ce n’est pas un rêve

reprendre le chemin de la solitude

A demi conscient une lumière aveuglante

 

des bruits de vie des serrements

de l’eau de l’eau qui coule

sur la peau dans la bouche

et tout à coup la conscience

d’être vivant

Mon corps tremble un tremblement de moi

un tremblement de terre

Mes cris étouffés sortent des ténèbres

et ma mère et mon frère et ma sœur et

un seul cri pour dire « Où sont-ils ? »

et là le silence du monde

s’écroule sur moi

 

 

Benoist Magnat

écrit le 19 janvier 2010

 

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